Fait cette nuit:
... dans un drôle d'endroit, tout de traviole, insécurisant, dans lequel je ne dois pas m'attarder longtemps; c'est très humide, un peu comme une vieille cave mais il n'y fait pas sombre....
Je récupère in extremis sur le sol gorgé d'eau sale un minuscule animal: un petit chien de la taille d'un bébé souris, il était en train de se noyer, dans très peu d'eau, mais comme il est minuscule çà aurait suffit pour le noyer.
Cet animal est très important pour moi, comme s'il s'agissait de mon bébé, mais en animal; il est très fragile et complètement dépendant de moi. Il est tellement petit et fragile que je dois faire attention à mes gestes pour bien le maintenir contre moi et qu'il ne re-tombe pas et ne meure pas.
Je vois au sol une ratte et une grande quantité de petits rats, groupés près de leur mère, dont une partie sont sous l'eau, une espèce de plastique transparent recouvre le tout, j'ai la pensée de les sauver eux-aussi, mais faire celà c'est mettre en péril la vie de mon minuscule chien (où le mettre sans danger pour lui le temps que je m'occupe des rats? et rester dans cet endroit plus longtemps me met en danger moi aussi).
Je pars donc sans sauver les rats, dans le rêve je ne ressens pas beaucoup d'émotion mais au réveil celà me perturbe de les avoir laissé mourir sans être intervenue.
En écrivant le récit de ce rêve me vient le souvenir de la cave dans laquelle mes parents m'enfermaient, petite, lorsque je n'avais pas terminé mon assiette; il y avait souvent de l'eau, et un jour elle était carrément inondée, je restais assise en haut des escaliers; souvenir d'une fois où j'y étais avec mon frère, mes parents l'avaient puni lui-aussi.
J'avais peur de cette cave, de ce qu'elle pouvait contenir, elle était très grande et du haut de l'escalier on ne voyait pas ce qu'il y avait au fond.
Rêve en écho à un autre rêve fait une dizaine d'années en arrière, pendant la période terrible de reviviscence traumatique.
Redécouvert par hasard, alors qu'il dort en sécurité au fond de ma malle en bois fermée à double tour, à l'occasion de la lecture hier soir d'un ouvrage de l'un de mes anciens thérapeutes. Plusieurs rêves que je lui avais rapportés à l'époque figurent dans son ouvrage; cette lecture m'a complètement déstabilisée, d'une part en redécouvrant ces récits que je n'avais plus en mémoire, ou quasiment plus; et surtout en découvrant les commentaires du thérapeute.
Impression à cette lecture qu'à l'époque il ne donnait "pas cher de ma peau"!
Je ne me reconnais pas dans ses commentaires, beaucoup d'analyses justes sur l'analyse des rêves et cauchemars post traumatiques, mais son positionnement ne me correspond pas, il applique son crédo théorique d'une manière que je trouve "plaquée", sans nuances, et surtout, son analyse porte sur un système de(dys-) fonctionnement familial alors que mon vécu, mon ressenti, à l'époque nécessitait une analyse axée sur la prise en compte des phénomènes de reviviscences post-traumatique et leurs effets délétères sur le psychisme.
C'était ma lutte, et çà l'est toujours; le dysfonctionnement familial est une chose établie, que j'ai d'ailleurs commencé à dénoncer haut et fort au sein de ma famille etai pris des dispositions concrètes pour m'en éloigner/ échapper. mais la gestion de la terreur et de la crainte de déflagration psychique présentes dans mes nuits de cauchemars sont l'essentiel de ce qu'il me reste à travailler et "régler".
D'autre part, certaines de ses analyses tombent "à côté", il évoque le fait que dans mes cauchemars je me "rendorme" à plusieurs reprises, comme une difficulté pour moi à faire face à l'horreur des évènements dramatiques de la petite enfance, or, pour moi , dans ces cauchemars, le fait de me rendormir à chaque fois c'était l'impossibilité de me réveiller tant l'effroi paralysait tout mon être: je retombais dans le sommeil, mon esprit était dans une lutte "sans merci" face à la reviviscence traumatique, le sommeil me happait une fois de plus pour me faire revivre la scène vécue dans l'enfance dans toute son horreur, répétition effroyable, paraissant sans issue. Le sommeil n'était pas une fuite dans l'inconscience, comme semble le suggérer mon thérapeute dans ses commentaires, mais au contraire un piège qui me faisait re-basculer dans l'horreur absolue.
C'était d'ailleurs tellement effroyable qu'à cette époque je ne m'endormais que d'épuisement, tellement je luttais contre le sommeil, de crainte de mourir pendant le cauchemar.
mardi 18 mai 2010
jeudi 13 mai 2010
rêve
Fait cette nuit:
C'est la nuit je suis couchée, c'est à la fois ici, maintenant, et dans mon enfance, je ne sais pas où.
Il se passe quelque chose d'inhabituel, j'entends quelqu'un arriver, il y a des bruits et une présence qui arrive dans ma chambre. Je panique et çà démarre comme dans mon cauchemar: paralysie du corps et de la voix et angoisse de mort. Mais je parviens à sortir de cet état qui dure à peine quelques secondes. Je retrouve la force de parler et essaie de vivre cette situation "normalement" malgré que je ne sache pas qui s'approche et que rien ne concorde avec ce qui se passe habituellement.
La personne s'approche de moi, je parviens à dire, (en pensant que même si cette personne est animée de mauvaises intentions, ce que je dirai permettra peut-être de l'empêcher de me faire du mal), le mot "Maman", je l'articule faiblement mais distinctement: "Ma-man, Ma-man".
Comme si celà pouvait me protéger du danger qui s'annonce et faire repartir cet inconnu ou faire venir ma mère.
La personne est toute proche, elle pose ses mains sur moi: au niveau de ma poitrine, et saisit les pointes de mes seins avec les doigts. A ce moment-là je comprends que je n'ai aucun recours.
Je me demande qui fait celà et me réveille juste avant de sombrer dans l'horreur.
Réveil avec les bras croisés sur la poitrine et les jambes croisées également. Pas de terreur au réveil mais le sentiment que ce rêve est un fac-similé du cauchemar avec tentative de modification de la situation et échec.
C'est la nuit je suis couchée, c'est à la fois ici, maintenant, et dans mon enfance, je ne sais pas où.
Il se passe quelque chose d'inhabituel, j'entends quelqu'un arriver, il y a des bruits et une présence qui arrive dans ma chambre. Je panique et çà démarre comme dans mon cauchemar: paralysie du corps et de la voix et angoisse de mort. Mais je parviens à sortir de cet état qui dure à peine quelques secondes. Je retrouve la force de parler et essaie de vivre cette situation "normalement" malgré que je ne sache pas qui s'approche et que rien ne concorde avec ce qui se passe habituellement.
La personne s'approche de moi, je parviens à dire, (en pensant que même si cette personne est animée de mauvaises intentions, ce que je dirai permettra peut-être de l'empêcher de me faire du mal), le mot "Maman", je l'articule faiblement mais distinctement: "Ma-man, Ma-man".
Comme si celà pouvait me protéger du danger qui s'annonce et faire repartir cet inconnu ou faire venir ma mère.
La personne est toute proche, elle pose ses mains sur moi: au niveau de ma poitrine, et saisit les pointes de mes seins avec les doigts. A ce moment-là je comprends que je n'ai aucun recours.
Je me demande qui fait celà et me réveille juste avant de sombrer dans l'horreur.
Réveil avec les bras croisés sur la poitrine et les jambes croisées également. Pas de terreur au réveil mais le sentiment que ce rêve est un fac-similé du cauchemar avec tentative de modification de la situation et échec.
mercredi 12 mai 2010
garder le silence
Protéger les autres est devenu une seconde nature, protéger ses propres bourreaux et l'entourage familial.
Prise de conscience bien tardive et surtout épuisement. Plus beaucoup de forces pour continuer à contenir les effets des projectiles envoyés à bout portant. Blessures qui explosent les franges des cicatrices anciennes. Coeur déchiqueté et souffrance aigue, à contenir à domestiquer encore et encore. Trouver des prétextes pour refuser les invitations des amis, rester seule, parce que la souffrance est tellement atroce, lancinante , permanente que vivre avec les autres devient une torture par manque d'énergie à faire semblant d'aller bien.
Peut-être devrais-je rompre le silence, dire à ceux qui me demanderont: "Pourquoi as-tu coupé les ponts avec ta pauvre mère?" que ma mère m'a assassinée, autant de fois que celà lui a été possible, par ses actes de négligence, par l'absence de protection, par ses propos cruels, par ma mise en danger en me livrant autoritairement aux agissements de son beau-père incestueux...
Cette femme est folle, un jour j'aurai sans doute pitié d'elle, si je trouve encore la force de surmonter mes blessures, la force de survivre.
Prise de conscience bien tardive et surtout épuisement. Plus beaucoup de forces pour continuer à contenir les effets des projectiles envoyés à bout portant. Blessures qui explosent les franges des cicatrices anciennes. Coeur déchiqueté et souffrance aigue, à contenir à domestiquer encore et encore. Trouver des prétextes pour refuser les invitations des amis, rester seule, parce que la souffrance est tellement atroce, lancinante , permanente que vivre avec les autres devient une torture par manque d'énergie à faire semblant d'aller bien.
Peut-être devrais-je rompre le silence, dire à ceux qui me demanderont: "Pourquoi as-tu coupé les ponts avec ta pauvre mère?" que ma mère m'a assassinée, autant de fois que celà lui a été possible, par ses actes de négligence, par l'absence de protection, par ses propos cruels, par ma mise en danger en me livrant autoritairement aux agissements de son beau-père incestueux...
Cette femme est folle, un jour j'aurai sans doute pitié d'elle, si je trouve encore la force de surmonter mes blessures, la force de survivre.
accident de famille
Il vaut mieux porter les séquelles d'un accident de voiture que celles d'un accident de famille.
Quel soignant oserait dire à l'accidenté qu'il devrait porter son attention sur le passé du chauffard qui l'a emboutit et envoyé à l'hopital?
On s'occupe des blessures, on les soigne et on compatit avec la personne accidentée.
S'il s'agit d'un accident de famille, déjà, çà ne se voit pas, et on n'en parle pas parce que d'une manière générale on a tellement honte de ce qui nous est arrivé qu'on le garde pour soi.
Si un jour on en parle , dans un contexte sensé être approprié à ce genre de traitement, là on vous dit " Votre mère est victime de son propre passé, elle n'est pas responsable de ce que vous subissez" ou bien " Quel est votre intérêt à vous prétendre traumatisée?, Quel en est l'enjeu?"
C'est scandaleux, c'est au delà de la méconnaissance, au-delà de la non-assistance à personne en danger, c'est un assassinat perpétré sur la victime d'un crime.
Il est des massacres d'âmes qui passent inaperçus, pas par manque de lisibilité mais pour cause de cécité mentale, de lâcheté et d'incompétence crasse.
Quel soignant oserait dire à l'accidenté qu'il devrait porter son attention sur le passé du chauffard qui l'a emboutit et envoyé à l'hopital?
On s'occupe des blessures, on les soigne et on compatit avec la personne accidentée.
S'il s'agit d'un accident de famille, déjà, çà ne se voit pas, et on n'en parle pas parce que d'une manière générale on a tellement honte de ce qui nous est arrivé qu'on le garde pour soi.
Si un jour on en parle , dans un contexte sensé être approprié à ce genre de traitement, là on vous dit " Votre mère est victime de son propre passé, elle n'est pas responsable de ce que vous subissez" ou bien " Quel est votre intérêt à vous prétendre traumatisée?, Quel en est l'enjeu?"
C'est scandaleux, c'est au delà de la méconnaissance, au-delà de la non-assistance à personne en danger, c'est un assassinat perpétré sur la victime d'un crime.
Il est des massacres d'âmes qui passent inaperçus, pas par manque de lisibilité mais pour cause de cécité mentale, de lâcheté et d'incompétence crasse.
vendredi 30 avril 2010
Répétition
En relisant ce que j'ai écrit les jours précédents je prends conscience que ce passage d'une des lettres destinées à mon second analyste aurait pu être également destiné au premier:
"Vous avez pris à votre compte ce don qui s'annonçait. Vous vous êtes identifié comme un destinataire unique de ce qui s'offrait avec des points de suspension. ce qui s'offrait...Vous vous en êtes accaparé pour aussitôt le recouvrir de décombres- comme si celà ne suffisait pas tous ces décombres traversés."
Mon premier analyste s'est accaparé mon désir- transférentiel- pour passer à l'acte sexuellement avec moi, sa patiente.
Le second se l'est accaparé pour me le jeter à la figure comme s'il en était le destinataire (j'écrivais des poésies et les lui donnais à lire), ce faisant il a brisé le lien transférentiel qui nous unissait dans ce travail et a pris à son compte pour le détruire un élan vital qui ne le concernait pas.
Peut-être y a t-il un lien entre ces deux évènements, mon second analyste savait ce qui s'était passé avec le premier, peut-être a t-il mal géré son contre-transfert , peut-être a t-il eu peur de mon transfert?
De toute façon cela lui appartient; mais quel gâchis pour moi...
"Vous avez pris à votre compte ce don qui s'annonçait. Vous vous êtes identifié comme un destinataire unique de ce qui s'offrait avec des points de suspension. ce qui s'offrait...Vous vous en êtes accaparé pour aussitôt le recouvrir de décombres- comme si celà ne suffisait pas tous ces décombres traversés."
Mon premier analyste s'est accaparé mon désir- transférentiel- pour passer à l'acte sexuellement avec moi, sa patiente.
Le second se l'est accaparé pour me le jeter à la figure comme s'il en était le destinataire (j'écrivais des poésies et les lui donnais à lire), ce faisant il a brisé le lien transférentiel qui nous unissait dans ce travail et a pris à son compte pour le détruire un élan vital qui ne le concernait pas.
Peut-être y a t-il un lien entre ces deux évènements, mon second analyste savait ce qui s'était passé avec le premier, peut-être a t-il mal géré son contre-transfert , peut-être a t-il eu peur de mon transfert?
De toute façon cela lui appartient; mais quel gâchis pour moi...
mercredi 28 avril 2010
gueule cassée suite
Rêve du 22/03/99:
" Je peigne mes cheveux et vois ma tête dans une glace: j'ai une alopécie sur tout le sommet du crâne.
Il y a des tâches des creux des bosses des petites plaies; je regarde de plus près: c'est de la chair épaisse, très rouge, avec des crevasses, des blessures plus ou moins cicatrisées- ce n'est pas beau à voir. Je crains le regard des autres sur ma tête, j'essaie de rabattre des cheveux dessus, mais je n'y parviens pas. Il en manque trop."
à rapprocher de l'état de mon crâne après ma TS en 1985: lors du réveil du coma ma tête a heurté violemment quelque chose, j'avais une plaie profonde au sommet du crâne, j'en ai encore la cicatrice, les cheveux n'ont jamais complètement repoussé à cet endroit; j'ai eu également une alopécie localisée (plaques) suite à cet évènement.
Mon rêve s'est appuyé sur cet état physique pour figurer mon état psychique.
" Je peigne mes cheveux et vois ma tête dans une glace: j'ai une alopécie sur tout le sommet du crâne.
Il y a des tâches des creux des bosses des petites plaies; je regarde de plus près: c'est de la chair épaisse, très rouge, avec des crevasses, des blessures plus ou moins cicatrisées- ce n'est pas beau à voir. Je crains le regard des autres sur ma tête, j'essaie de rabattre des cheveux dessus, mais je n'y parviens pas. Il en manque trop."
à rapprocher de l'état de mon crâne après ma TS en 1985: lors du réveil du coma ma tête a heurté violemment quelque chose, j'avais une plaie profonde au sommet du crâne, j'en ai encore la cicatrice, les cheveux n'ont jamais complètement repoussé à cet endroit; j'ai eu également une alopécie localisée (plaques) suite à cet évènement.
Mon rêve s'est appuyé sur cet état physique pour figurer mon état psychique.
Gueule cassée?
Mon deuxième psychanalyste m'a "avoué" lorsque je suis retournée le voir plusieurs mois après la fin de mon analyse avec lui pour faire le point, que s'il avait eu ce comportement avec moi c'était "sans doute"parce qu'il avait eu peur de ce qui émergeait; à savoir l'angoisse terrible qui m'envahissait en relation avec ce qui se manifestait dans mes cauchemars. Il m'a dit avoir "eu peur de ce qui me faisait peur".
Nous en sommes restés là, il n'avait en fait pas bougé d'un pouce en dehors de la reconnaissance de sa difficulté à gérer sa propre peur. Toujours aussi obtus, enfermé dans ses convictions théoriques dépassées.
C'est dingue, j'ai toujours, au cours du travail fait avec lui ressenti plus ou moins implicitement faire oeuvre de pédagogie; mais ses propres limites lui ont à un moment donné fermé toute possibilité "d'apprendre". Il m'a dit à plusieurs reprises "avoir beaucoup appris" avec moi. Pas assez en tout cas pour me permettre de terminer ce travail...
Je me pose aujourd'hui la question de l'effet que peut produire sur autrui la connaissance de mon univers intérieur, lorsque qu'il est "lisible", en thérapie ou ici, sur ce blog.
L'image qui me vient est celle des "gueules cassées"; ces hommes revenus de la guerre avec des mutilations qui rendaient leur apparence physique monstrueuse. Je crois bien que je suis "psychiquement" une gueule cassée...
Nous en sommes restés là, il n'avait en fait pas bougé d'un pouce en dehors de la reconnaissance de sa difficulté à gérer sa propre peur. Toujours aussi obtus, enfermé dans ses convictions théoriques dépassées.
C'est dingue, j'ai toujours, au cours du travail fait avec lui ressenti plus ou moins implicitement faire oeuvre de pédagogie; mais ses propres limites lui ont à un moment donné fermé toute possibilité "d'apprendre". Il m'a dit à plusieurs reprises "avoir beaucoup appris" avec moi. Pas assez en tout cas pour me permettre de terminer ce travail...
Je me pose aujourd'hui la question de l'effet que peut produire sur autrui la connaissance de mon univers intérieur, lorsque qu'il est "lisible", en thérapie ou ici, sur ce blog.
L'image qui me vient est celle des "gueules cassées"; ces hommes revenus de la guerre avec des mutilations qui rendaient leur apparence physique monstrueuse. Je crois bien que je suis "psychiquement" une gueule cassée...
Comme dans ces tableaux de Gotfried Helnwein.
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